mardi 4 janvier 2011

L'étoile (17)


J'allais parler de mon étoile à moi, mais je lui consacre déjà plusieurs chroniques sur ce blog, ce qui m'amène à céder la place à André Breton (vous ne l'aviez pas vu venir, n'est-ce pas?) et son poème Arcane 17 écrit en Gaspésie, terre natale de ma mère, en 1944. Il s'y était rendu en compagnie d'une certaine Elisa Claro, sa troisième épouse en devenir. Une déclaration d'amour dans le style surréaliste.

« Dans le rêve d'Elisa, cette vieille gitane qui voulait m'embrasser et que je fuyais, mais c'était l'île Bonaventure, un des plus grands sanctuaires d'oiseaux de mer qui soient au monde. Nous en avions fait le tour le matin même, par temps couvert, sur un bateau de pêche toutes voiles dehors et nous étions plu, au départ, à l'arrangement tout fortuit, mais à la Hogarth, des flotteurs faits d'un baril jaune ou rouge, dont le fond s'ornait au pinceau de signes d'apparence cabalistique, baril surmonté d'une haute tige au sommet de laquelle flottait un drapeau noir (le rêve s'est sans doute emparé de ces engins, groupés en faisceaux irréguliers sur le pont, pour vêtir la bohémienne). »

"Il est merveilleux que ce soient les plis mêmes imprimés aux terrains par les âges qui servent de tremplin à la vie en ce qu’elle a de plus invitant: l’essor, l’approche frôlante et la dérive luxueuse des oiseaux de mer . Il y a le tremblement d’une étoile au-dessus de tout ce qui tente, et farouchement évite aussitôt le contact humain, comme les très petites filles."

Aucun commentaire:

Publier un commentaire