mardi 13 juillet 2010

Les ambassadeurs, Holbein


Pour le plaisir intellectuel, puisque cette peinture n'aurait probablement pas retenu mon attention autrement. Les ambassadeurs (1533) de Hans Holbein, aujourd'hui exposée à la National Gallery de Londres, était à une certaine époque considérée la plus belle peinture de France (avant sa vente en Angleterre en 1792). Deux ambassadeurs nommés pour assurer les relations entre le pape et le roi Henri VIII. Au regard de l'histoire, on pourrait croire qu'ils n'ont peut-être pas été à la mesure du mandat...

Ce qui retient l'attention des visiteurs, c'est la forme étrange entre les deux hommes. Lorsque l'on se déplace devant cette très grande toile (2 mètres par 2,10 mètres), l'illusion d'optique se révèle. Un crâne se forme progressivement sous le regard du visiteur.

C'est l'une des allusions symboliques à la mort, tout comme la broche de l'un des ambassadeurs et la corde brisée du luth.

samedi 10 juillet 2010

La résurrection, El Greco


J'ai découvert El Greco grâce à Eléonore qui m'avait accompagnée dans ma visite du Prado à Madrid. Les couleurs d'une froideur saisissante, les corps allongés de façon vertigineuse. Tout y était pour me suprendre dans la Résurrection (1600). Spiritualité mystique, anxieuse, tellement loin de la chaleur et de la sensualité méditéranéennes. Les mouvements de danse douloureux des personnages aveuglés par la présence lumineuse du Christ au centre du tableau.

Il y a apparemment dans la laideur quelque chose qui me touche autant que la beauté - l'unicité peut-être, la particularité. Rien de surprenant à ce qu'il ait reçu un mauvais accueil tout au long de sa carrière avec une esthétique aussi peu conformiste.

Il a poussé le manniérisme dans ses retranchements. Il bouleverse son époque. Toledo, près de Madrid, l'adopte et lui donne des commissions. Il y vivra et y créera pendant pendant les 35 dernières années de sa vie.

jeudi 8 juillet 2010

Christ Mort - Mantegna


De Mantegna, si je devais choisir une peinture emblematique, ce serait celle du Christ mort (1501) exposée à la Pinacoteca de Brera, à Milan. Dans les premiers mois de mon séjour dans cette ville, je m'étais fait un devoir de visiter ce musée que je connaissais de réputation. Ma déception fut grande. Il comptait peu de salles et je ne comprenais pas l'intérêt de toutes ces Sainte-Catherine d'Alexandrie et de ces Saint-Sébastien. Lors de cette première visite, je n'ai mesurer que l'ampleur de mon ignorance.

Et c'est ainsi que j'ai plongé dans mon exploration du vaste monde de l'art européen.

Le premier tableau de Brera à avoir obtenu mon affection fut celui de Mantegna, un beau-frère des Bellini.

Original de par le point de vue qu'il adopte, ce tableau est une pièce maîtresse de la Renaissance. Le réalisme provoqua le scandale de l'Eglise.

En homme de son époque, il fit usage des sciences pour faire progresser l'art et pousser les notions de perspective à l'extrême.

mardi 6 juillet 2010

Saint-Jérôme, Caravage


Il me semble que le premier Caravage à entrer dans ma vie fut le Saint Jérome (1605-1606). A ce jour, je ne comprends pas n'avoir jamais entendu son nom ou vu de reproduction de ses oeuvres avant mon séjour en Italie. Il est devenu pendant ces années un de mes peintres phare. Son influence est tellement palpable sur toute son époque.

Une pièce lui est donc consacrée dans la Galeria Borghese. Le Saint-Jérome est la plus calme de ses oeuvres - un équilibre entre la vie et la mort. Une douce lumière sort de l'ombre pour éclairer la robe rouge du saint, toujours en présence d'un crâne dans ses médiations. Son lion n'y est pas. De tous les saint-Jéromes, c'est celui qui me touche le plus. C'est un vieil homme plongé dans ses réflexions qui se trouve devant moi, sans que je le dérange. Contrairement à plusieurs autres versions où ses misères sont davantages exploitées.

Je me suis longuement arrêtée devant cette toile la première fois. Puis j'ai regardé autour de moi les autres peintures de ce même artiste. Un inconnu venait d'entrer dans ma vie.

samedi 3 juillet 2010

Mona Lisa


Très chers lecteurs,


Je ne pouvais pas ne pas en parler: la toile la plus connue au monde. Je l'ai vue pour la première fois à 14 ans, au Louvres évidemment. Et je n'y ai vu que de la banalité. Mona Lisa, ou la Gioconda, (1503-1506) n'a suscité que mon indifférence. Et pourtant bien d'autres oeuvres m'ont bouleversée lors de cette initiation magistrale dans l'univers de l'art européen.

La pauvre, harcelée sans cesse par les touristes, japonnais surtout, qui la prennent en photo malgré les nombreuses contre-indications placardées tout autour, elle ne perd jamais son flegme. Je m'énerverais à moins.

Chant du cygne de Leonardo qui y travailla dans les dernières années de se vie. De Florence, il l'amena avec lui à Milan, Rome, et en France comme on porte une croix.

Napoléon l'avais acquise pour le Louvres avant qu'elle ne fusse (subjonctif imparfait - je le savoure au passage) volée et ramenée en Italie quelques années plus tard. On ignore tout du modèle - l'épouse d'un banquier florentin ou d'une courtisane des Medicis. Sourire énigmatique oh! combien étudié par les spécialistes...

jeudi 1 juillet 2010

La saison estivale d'Extase et tourments


Pendant la période estivale, votre humble blogueuse a choisi de publier selon l'horaire habituel, une sélection de chroniques sur les arts visuels. Vous questionnerez peut-être ce choix intellectuellement aride à priori pour les mois chauds de l'été, mais détrompez-vous. Je ne pars jamais à Cuba sans une brique sur l'iconographie du quatro cento italien. Rien de tel pour profiter paisiblement de la plage et éloigner le moron. J'apprends davantage sur les divers attributs de Catherine d'Alexandrie en me laissant bercer au doux bruissemet des vagues.

En ce premier juillet, une toile du groupe des Sept, que j'ai découvert sur le tard. J'ai pris pleinement conscience de ce groupe lorsque je me trouvais à Milan et c'est seulement lors de mon retour à Ottawa il y a quelques années que j'ai pu apprécier ces peintres - au musée des beaux-arts du Canada qui se trouve juste au bout de la rue où je vivais à l'époque.

J'ai choisi une oeuvre de Tom Thomson (qui n'a même pas fait partie du groupe puisqu'il est décédé avant sa création). Le Pin. Ca aurait pu en être une autre. Ce qui est étrange avec les toiles de ce groupe, c'est qu'autant elles me plaisent, autant elles peuvent m'irriter pour des raisons superficielles comme les tonalités de rose et de lilas - qui pourtant chez d'autres artistes ne me dérangent pas (bienque je puisse dire la même chose des verts de Degas).

Ils ne sont que très peu connus hors de nos frontières. Une forme de terroire méprisé des Européens. Je me revois aborder naïvement ce sujet avec des experts d'histoire de l'art italiens qui se demandaient bien de quoi je voulais parler... Mais ne terminons pas sur une note aussi pessimistes. Si vous venez me rendre visite, je vous promets de vous accompagner voir ces toiles au musée. Elles valent bien ce petit détour!

mardi 1 juin 2010

Chronique dont vous êtes le héro: la vie selon P. (épisode 26)


Un autre poème a été retrouvé dans le carnet de notes du narrateur. Il nous a semblé qu'il conclurait cette fable moraliste en beauté. Ce sera l'anniversaire de P. cette semaine. Pour le reste de son chemin. Voilà!

ROAD LESS TRAVELED - Robert Frost


Two roads diverged in a yellow wood
And sorry I could not travel both
And be one traveler, long I stood
And looked down one as far as I could
To where it bent in the undergrowth

Then took the other as just as fair
And having perhaps the better claim
Because it was grassy and wanted wear
Though as for that, the passing there
Had worn them really about the same

And both that morning equally lay
In leaves no step had trodden black
Oh, I kept the first for another day!
Yet, knowing how way leads onto way
I doubted if I should ever come back

I shall be telling this with a sigh
Somewhere ages and ages hence
Two roads diverged in a wood
And I took the one less traveled by
And that has made all the difference