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jeudi 13 mai 2010

La vie en rose


C'est l'histoire d'un petit garçon de 5 ans qui préférait le rose jusqu'à ce qu'un jour il choisisse de vivre en mauve pour ne plus être impoli. C'est l'histoire d'un petit garçon pragmatique qui rêvait de se marier un jour avec son meilleur ami Samuel, mais qui avait décidé plutôt d'épouser Julie car il voulait des enfants.

C'est l'histoire de ce petit garçon qui se déguisait en fée clochette à l'Halloween, qui se mettait des boules de Noel aux oreilles en portant les talons hauts de mère, qui choisissait la teinte de rouge à lèvres la plus éclatante dans ma trousse à maquillage et aimait les bijoux brillants.

C'est l'histoire d'un petit garçon de 5 ans qui était lui-même. Qui assumait avec candeur et spontanéité ses préférences. Qui sans aucun prétention moralisatrice me confrontait à des préjugés que je m'ignorais. J'ai compris grâce à lui que malgré toutes les qualités que je me targue d'avoir, malgré toute la préparation que je peux entreprendre, mes enfants à venir sauront certainement à leur façon trouver le moyen de me déstabiliser, de pousser mes limites, de me forcer à revoir des positions bien ancrées.

On ne refera pas l'histoire. C'est encore David qui gagne contre Goliath.

jeudi 11 février 2010

Fiche pour site de rencontre dans le style immobilier




"Maison construite dans les années 70, mais bien entrenue et est toujours comme neuve.

Chaleureuse et accueillante, avec beaucoup de caractère. Style urbain et moderne. Intérieur éclairé.

Facile d'accès. Fondations solides, aucune rénovation majeure requise. Terrain très intime. Plusieurs améliorations apportées au cours des années. Décorée avec goût. Façade agréable avec vastes balcons avant.

Entretien extérieur effectué régulièrement par des professionnels. Les amateurs de gastronomie seront enchantés par sa cuisine. Idéale pour fonder une jeune famille.

Vendeur motivé cherche acheteur avec une bonne cote de crédit pour vente à long terme. Occupation rapide. Test de pirite négatif.

Visites sur rendez-vous. Venez en découvrir les nombreux attraits!!"

jeudi 7 janvier 2010

Etes-vous une dépendante?


Vous êtes à la fois amoureuse et malheureuse - ce petit sondage tout ce qu'il y a de plus scientifique pourrait s'adresser à vous. Souffrez-vous de dépendance affective ou méritez-vous ce qui vous arrive, voilà l'occasion de répondre à votre doute fondamental:

1) Vous avez fait les premiers pas

A) parce qu'il vous plaisait et ne vous avait sûrement pas encore remarquée.
B) parce que vous êtes une femme moderne qui se respecte
C) parce que de toutes façons, vous faites toujours les premiers pas.

2) Vous avez fait les deuxièmes pas

A) parce qu'il est du genre timide
B) parce que vous êtes une femme intimidante et qu'il n'osait pas risquer un refus
C) parce que vous n'êtiez pas certaine de lui avoir clairement exprimer votre intérêt lors de votre prise de contact initiale

3) Il ne vous a pas rappellée après votre première rencontre

A) il avait perdu le numéro et l'adresse électronique que vous lui aviez laissés sur un bout de papier
B) et pourquoi est-ce que ça aurait été à lui de rappeler et non à vous? Après tout, vous êtes une femme moderne.
C) à bien y repenser, vous ne lui aviez même pas dit que vous souhaitiez le revoir.

4) Au début des fréquentations, il ne pouvait vous voir que sporadiquement

A) il a une vie sociale très active et il n'allait tout de même pas laisser tomber ses amis pour une fille qu'il ne venait que de rencontrer
B) vous êtes aussi une femme indépendante et vous pouvez très bien vous occuper de votre côté
C) une relation durable commence lentement et non comme un feu de paille

5) Après des années de fréquentation, il ne se sent toujours pas prêt pour de grands projets communs

A) il a décidé d'entreprendre des études de doctorat dans une autre ville pour s'accomplir et s'engager dans la carrière dont il rêvait depuis toujours
B) il a accepté une offre incontournable pour un poste dans les Emirats arabes, mais il promet qu'avec ses primes, il pourra vous gâter comme vous le méritez.
C)les blessures laissées par sa relation décevante avec son père ne sont toujours pas guéries - il ne vous en parle pas comme tel, mais vous savez lire sa souffrance au fond de son regard.

6) Vos proches et amis éprouvent, et ce à l'unanimité, une hostilité à peine voilée à son égard.

A) c'est un éternel incompris. Il en souffre d'ailleurs beaucoup.
B) ils ne le connaissent pas comme vous le connaissez.
C)de toute façon, vous ne vous sentiez plus tellement d'affinités avec ces gens là.

jeudi 3 décembre 2009

Confession d'un séducteur impénitent


(Pour S)
Monsieur le curé,

Il faut que je vous dise, quand je vois une belle créature, je ne peux résister. Déjà, il me semble qu'avant même de l'apercevoir, j'en ressens la présence - comme si son odeur de proie éveillait mon instinct et me mettait en appétit. J'en devine les délices alors que j'ignore encore tout de la bête. C'est plus fort que moi, mon père, ça me surprend dans les moments les plus incongrus. Je suis encore tout occupé à une tâche manuelle, je suis plongé dans une conversation, mon esprit est complètement absorbé par une réflexion existentielle et pourtant, avant que je n'aie le temps de réagir mon coeur est parti à la chasse.

Dans les premiers temps, j'en échappais quelques unes, voire plusieurs. J'étais maladroit. Je me faisais repérer trop tôt et la belle déguerpissait sans espoir d'être rattrapée. Mais lorsque finalement, je réussissait à tromper sa vigilance et en surprenait une dans un moment de distraction, j'étais submergé d'une intense et addictive décharge. Je ne connaissais que mon désir sans voir ce que je prenais. Je savourais ce jeu. Chaque victoire me remplissait d'allégresse.

Evidemment, vous le devinez, à force de chasser, je suis devenu chasseur. Je trouve maintenant la proie prévisible. Elles se prennent toutes aux mêmes pièges sans fantaisie que je pose mécaniquement. Leurs charmes se fanent à mes yeux et je m'en lasse rapidement. A peine a-t-elle cédé que déjà l'ennuie m'assaille. Elle est encore là et je n'y pense même plus.

Son émoi ne scelle que mon indifférence.

Comment vous dire, mon père. Je crois chaque fois trouver Celle qui me rassasiera, qui apaisera le loup garou qui sommeille très légèrement en moi. Mais aussi prévisible qu'une nuit de pleine lune, le doute naît, qui le réveille.

Et je disparaît dans la nuit...